Brèves

Éric BROGNIET (pour le Journal des poètes, Belgique) :

 

Claire Légat est née à Pâturages (Province de Hainaut) le 20 mai 1938. Elle a animé la vie culturelle francophone belge au début des années soixante, en  créant le mouvement « Poésie des limites et limites de la poésie » et en organisant en 1965, au Palais des Congrès à Bruxelles, le Congrès international de la Jeune poésie. Elle fut proche de la revue Carbone (créée à Liège par Christian Hubin entre 1960 et 1966). Comme d’autres poètes de cette période littéraire d’après-guerre et d’avant Mai 68, Claire Légat a ensuite presque disparu des écrans radar. Deux recueils de facture encore classique, Prélude, qu’elle publie à 16 ans (Malines, éd. du C.E.L.F., 1955) ainsi que Faim et soif (Bruxelles, éd. Phalanstère de la poésie, 1961, Prix international de poésie Auguste Marin 1961) lui avaient valu les éloges et l’attention de Paul Fécherolle et de Geo Libbrecht. Un recueil au ton tout-à-fait disruptif, Nous nous sommes trompés de monde, poèmes édités chez l'auteur, sous le label éditorial « Poésie des limites et limites de la poésie », suivra en 1966. Albert Ayguesparse, Robert Goffin, Christian Hubin y signent des notes critiques et une gravure de Marc Laffineur orne le recueil. Celui-ci est accompagné d'un disque enregistré à Paris, à l'Académie du Disque de Poésie ; les poèmes y sont dits par l'autrice et Robert Darame, sur des structures musicales de Darius Cittanova. Faisant œuvre de fidélité mémorielle, Michel Cosem consacre un numéro de sa revue Encres vives à la réédition d’extraits de Nous nous sommes trompés de monde, qui seront intégrés dans un nouveau recueil en cours d’écriture, D’outre moi-même et à la publication d’un inédit Murmuration du vide. On attend ce nouveau livre avec le plus grand intérêt. Car la poésie de Claire Légat possède une voix forte, coupante, entière. Le poème est un ensemble verbal torrentiel, où la typographie signale des creux et des cris, où la parole prend appui sur des ruptures rythmiques ou de belles métaphores pour dire l’état du monde, la conscience existentielle, le « corps contemporain », la recherche d’un absolu ou d’une fraternité et dénoncer la violence de notre postmodernité : Terre/publique/terre étrangère/je te baptiserai du nom de solitude/malgré les poings dressés/les nébuleuses/qui règnent hors de nos parcours/malgré les siècles qui surgissent de ton flanc/comme des villes nucléaires (…). Sans le déterminisme culturel et sociologique qui affectait et affecte encore souvent la femme, que serait-il advenu de l’œuvre de Claire Légat ? « (…) le rythme et la musicalité qu’attestaient ses précédents recueils (…) et que l’on retrouve ici, transformés par la syncope et les dissonances propres à une certaine musique actuelle, ne laissent aucun doute sur le caractère délibéré d’un tel travail : il est celui d’une novatrice qui, obstinément, se forge une voix et en accepte les exigences, les difficultés. Il est en tous cas impossible de lire un poème d’elle sans y reconnaître son empreinte et sa forte personnalité (…) » écrivait à son propos Christian Hubin. Je laisserai le dernier mot à Claire Légat, en recommandant vivement au lecteur de la découvrir dans ce salutaire numéro d’Encres vives, en attendant la parution de son prochain recueil : Je n’attends rien dans cette faille/que ma poignée d’ombre arrachée à vos chevelures/mais je veux qu’un jour on sache qu’en s’échappant de mes veines/mon sang traça le plus beau poème…

 

20191125_101054.jpg

Claire Légat

Nous nous sommes trompés de monde

 

(Encres Vives n° 492, 08/2019)

legatclaire_edited.jpg

Jacques Lovichi (1937-2018)

 

Pour saluer la mémoire de Jacques Lovichi, Encres Vives réédite en janvier 2019 son recueil Au revoir et merci (précédemment publié en 2012).

 

 

 

 

IMG_20190303_0006.jpg
117759043.jpg
IMG_20190217_0006.jpg

Marjorie Tixier a reçu le 1er prix de poésie au 11e salon du livre d'Allevard (Isère),

pour son recueil Sentier des promesses.

Article du Dauphiné Libéré, 23 août 2018.

tixier.jpg

Écrire le Lot : vingt écrivains pour dire ce pays de l'intemporel 

édition Annie Briet.

Un Autre reg'art

Parution : 24 juin 2017

Nombre de pages : 188 p.

Prix : 20,00 EUR

ISBN 979-10-90894-78-5

Les œuvres diverses et multiples de vingt auteurs présentées dans cet ouvrage sont une tentative pour lever le voile : d’où vient donc pour chacun des écrivains ce grand plaisir d’écrire ici ? Comment la terre du Lot nourrit-elle leur vie intérieure et par conséquent leur art ?

Après Ces artistes qui ont choisi le Lot, une anthologie de textes qui témoignent de la façon dont le Lot a nourri l'oeuvre d'un certain nombre d'écrivains, de J.-P. Alaux à C. Signol en passant par Y. Bonnefoy et E. Jouve. L'ensemble est illustré de photographies des lieux qui ont compté pour eux.

Jean Joubert (1928-2015)

 

Pour saluer la mémoire de Jean Joubert, Encres vives réédite son recueil L'Eternité de la rose (précédemment publié sous le n° 362).

 

 

 

 

Pierre Colin (1939-2014)

 

Combien est cruel d'apprendre brusquement la mort d'un ami, d'un compagnon alors que l'on a l'intention de lui écrire. Cela vient de se passer avec Pierre Colin. Il nous a quitté un jour de mai, lui qui avait mené tant d'actions d'avant-garde pour que la poésie ne soit pas oubliée dans le monde de la jeunesse et qui accordait tant d'importance à l'écriture qui était son principal outil de communication avec le monde. Il avait beaucoup à dire encore et à faire.

Je ne puis m'empêcher de repenser à toutes les actions que nous avons menées ensemble. Les images reviennt sans que je le sollicite : nous voilà dans la cour d'un lycée d'Avignon réalisant avec Michel Ducom les premiers ateliers d'écriture en France lors du Festival, nous revoilà dans ses cafés littéraires qu'il organisait avec son groupe à Tarbes, mais aussi lors des rencontres poétiques de Morlaix et je ne parle pas de réunions de travail à Toulouse ou l'adorable petit port breton de Pors Poulhan qu'il aimait.

Au-delà du militantisme, il y avait chez Pierre Colin (et toutes les publications d'Encres Vives en trémoignent) un souci de la langue exacte et forte productrice d'imaginaire, un alliage original de la réalité et du mythe sans aucune concession ni lieu commun.

 

Dernier titre paru chez Encres Vives de Pierre Colin : Grèce obscure, avec des photographies de Maïté Colin. 431e Encres Vives. Parution : juin 2014. Prix : 6,10 €

 

Présentation : Plutôt qu'un hommage traditionnel une nouvelle lecture de ces poèmes écrits en Grèce où il est retourné avec Maïté si souvent et qui prouvent combien son regard sur le monde était profond, heureux, fraternel et volontiers donné en partage.

 

Michel Cosem

 

Article en hommage à Pierre Colin, avec sa bibliographie à télécharger

 

 

Portrait au crayon de Pierre Colin, par Jacques Basse, publié sur le site Agence Bretagne Presse (communiqué de presse du décès du poète).